LA GRACE DE DIEU ET SES COROLLAIRES
Il est primordial de cerner le concept « salut » à partir de ses corollaires. Vous êtes sauvés par la grâce au moyen de la foi. Dieu vous a accordé sa grâce pour pouvoir répondre à son message salutaire. Cette grâce prévenante montre à quel point l’amour de Dieu pour vous est exceptionnel. Le Dieu de grâce et la grâce de Dieu sont le socle de votre salut.
Le Dieu de grâce signifie qu’il est dans la nature même de Dieu de partager son amour et d’accorder son pardon. C’est Sa miséricorde, signifiant que Dieu nous donne ce que nous ne méritions pas. Il nous donne Jésus que nous ne méritions pas au lieu du châtiment éternel. Tandis que la grâce de Dieu signifie qu’Il ne nous donne pas ce que nous méritions. C’est la mort éternelle que nous méritions. Mais Il ne nous l’a pas donné. Dans son amour inconditionnel, Il nous a donné la vie éternelle. Cette grâce est accompagnée de trois éléments fondamentaux : la justification, l’adoption et la régénération.
La justification
La justification est une doctrine cardinale de la théologie chrétienne. Vous ne pouvez pas cerner le concept de la grâce sans véritablement comprendre le concept justification. Trois types de justification généralement sont évoqués.
D’abord, la justification personnelle. Il ne s’agit pas d’un acte juridique, mais plutôt de l’état d’une bonne conscience, une réalité de n’avoir enfreint aucune loi. Au regard de vous-même et des lois humaines établies, vous êtes justes.
Ensuite, la justification judiciaire. Il s’agit dans ce cas d’une personne inculpée au regard de la loi en cours dans sa société. A l’avis du juge, dont l’opinion est motivée par la loi, celui-ci, après délibération, déclare l’inculpé non coupable. Aucune charge n’est retenue contre elle. Jusqu’à preuve du contraire, elle est déclarée juste ou innocente.
Enfin, la justification chrétienne ou évangélique. Il s’agit d’une personne accusée et reconnue coupable au regard de la justice divine. Voilà tout le sens du concept « pécheur ». Au regard des standards de Dieu, il n’y a point de juste, pas même un seul.[1] Nous sommes tous et toutes coupables. Dieu est le juge absolument parfait. Son jugement est absolument juste, sans faille. Il est motivé par ses lois spirituelles et morales établies.
Par conséquent, la justification chrétienne est l’acte juridique et miséricordieux par lequel Dieu nous pardonne et nous justifie quand nous plaidons coupable de toutes les charges qu’Il a retenues contre nous, par la foi dans le sacrifice propitiatoire de Jésus.
Selon les auteurs Wiley et Culbertson, la justification est une œuvre véritablement accomplie, par laquelle Dieu change la relation de condamnation du pécheur sous la loi, en une relation de justice.[2] C’est un tabula rasa. Dieu remet le compteur du pécheur à zéro. Il le justifie souverainement.
Vous êtes couvert par le sang de Jésus, Celui qui a parfaitement accompli la justice de Dieu. C’est Lui qui a rempli tous les critères pour répondre au standard moral et spirituel de Dieu. Il est égal à Dieu.
Dieu vous justifie parce que la justice de son Fils Jésus est égale à la sienne. Aucune œuvre humaine ou effort humain ne pouvait égaler la justice de Dieu. Etant donc justifié par la foi, quand Dieu nous regarde, Il voit automatiquement son Fils immolé à la croix pour nous réconcilier avec Lui. Vous êtes justifiés.[3] Mais, la justification renferme un autre aspect.
Dieu ne nous justifie pas seulement, mais Il nous rend aussi juste. Cette idée est d’une très grande importance. Car, la justification contient forcément un aspect moral non négligeable.
Toute relation avec Dieu renferme une dimension morale. Il n’y a pas de relation avec Dieu sans moralité. Cette idée traverse toute la révélation écrite de Dieu, l’Ancien et le Nouveau Testaments. A ce titre, William Dyrness écrit : « La réponse que Dieu exige est morale ; depuis le début, la relation entre Dieu et son peuple a une dimension morale. Un comportement particulier est requis dans une relation avec Dieu. »[4] Dieu vous place dans une relation morale.
Dieu est hautement et absolument moral. En tant que son enfant adoptif, Il veut que vous viviez dans et par sa moralité. Il est à vos côtés.
L’adoption
Dans beaucoup de législations à travers le monde et au regard du droit international relatif à l’adoption, généralement deux types d’adoption sont reconnus: l’adoption simple et l’adoption plénière. Pour vous en donner une idée, voyons le tableau résumé suivant, calqué sur la législation française.[5]
| Sujet | Adoption simple | Adoption plénière |
| Lien avec la famille d’origine | L’adopté conserve tous ses liens avec sa famille d’origine. | L’adopté acquiert une nouvelle filiation qui remplace celle d’origine. |
| Autorité parentale | L’autorité parentale est exclusivement et intégralement attribuée au(x) parent(s) adoptif(s). | L’autorité parentale est exclusivement et intégralement attribuée au(x) parent(s) adoptif(s). |
| Nom de l’adopté | Le nom de l’adoptant s’ajoute au nom de l’adopté ou le remplace. Sous certaines conditions, le nom d’origine peut être conservé. | L’adopté prend automatiquement le nom de l’adoptant. |
| Droit à la succession | L’adopté hérite des 2 familles : de sa famille d’origine et de sa famille adoptive. | L’enfant adopté hérite de ses parents adoptifs. Il est héritier réservataire. Il n’hérite pas de sa famille d’origine. |
| Révocation | L’adoption simple peut être révoquée pour motifs graves. | L’adoption plénière est irrévocable. |
Alors, au regard de ce tableau, en tant que chrétiens, sommes-nous tombés dans la catégorie d’adoption simple ou d’adoption plénière ? Essayons tout d’abord de cerner le concept d’adoption chrétienne.
Tout comme la justification, l’adoption est un acte.[6] C’est l’acte par lequel Dieu nous intègre dans sa famille, nous adopte comme ses enfants au moment où nous plaçons notre foi en Jésus-Christ et en son sacrifice accompli à la croix.
Cette définition établit une différence généralement admise entre deux expressions : être créature de Dieu et être enfant de Dieu. Tous les êtres humains ont été créés par Dieu, faits à son image, indistinctement. De ce point de vue, il y a lieu de parler d’une paternité divine universelle. Mais de manière stricte, tous ne sont pas enfants de Dieu. En d’autres termes, nous sommes tous des créatures de Dieu, mais nous devenons enfants de Dieu lors de notre nouvelle naissance.
C’est la relation établie avec Dieu par la foi en son Fils Jésus qui rend effective l’adoption chrétienne. Tout est une question de relation. Voilà pourquoi, une fois que cette relation est établie entre Dieu et le pécheur, le Saint-Esprit rend témoignage à l’esprit du nouveau chrétien qu’il est désormais enfant de Dieu.
Ce rapport filial, scellé par le sang de la nouvelle alliance, est appelé à se développer tout au long de la vie chrétienne.
Je reviens à la question : étant bien imbu des concepts « adoption simple », « adoption plénière » et « adoption chrétienne », êtes-vous simplement adoptés ou pleinement adoptés ? La différence fondamentale réside au niveau de la filiation et de l’héritage.
Au niveau de la filiation, en tant qu’enfant adopté dans la famille Dieu, vous acquérez une nouvelle filiation qui remplace celle d’origine. Vous êtes maintenant en Christ. Vous changez de camp et de statut. Votre nouveau statut vous confère une intimité sans égale avec Dieu au point que vous pouvez L’appeler « Abba », qui signifie « Papa ».
Tout lien avec notre passé de péché, notre famille spirituelle d’origine est coupé. Attention ! Cela ne veut pas dire que vos liens avec votre famille terrestre soient coupés. Cela ne veut pas dire non plus que tout lien avec votre culture soit coupé. Vous conservez aussi votre statut de créature de Dieu. Dans ce cas, vous êtes une créature restaurée. Désormais nous sommes imprégnés de la pensée de Christ, ce qui nous confère une culture biblique et christique avec la capacité d’agir sur le culturel et le social.
Au niveau de l’héritage, en tant qu’enfant adopté dans la famille de Dieu, vous êtes héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ. Vous avez un nouveau nom et vous êtes pleinement héritiers de tout le royaume de Dieu. Vous avez plein droit sur tout ce que Dieu possède. Ah oui, votre adoption dans la famille de Dieu vous confère beaucoup de privilèges.
Peut-être que votre situation sociale, familiale, financière ou économique vous fait douter de votre statut d’enfant de Dieu. Vous vous demandez peut-être : mais s’il y a techniquement tous ces privilèges et droits qui découlent de ma filiation, pourquoi suis-je dans cet état ? Pourquoi matériellement rien n’a changé pour moi ?
Ma réponse pour vous c’est d’éviter de saisir l’adoption tout simplement dans une perspective matérialiste, sans pour autant ignorer que Dieu, votre Père, peut vous combler de richesses matérielles. Je vous inviterais aussi à saisir tous les privilèges et avantages, spirituels et matériels, liés à votre adoption par la foi. J’ignore le plan de Dieu pour votre vie sur les plans matériel et social, mais la seule chose que je sache c’est que Dieu veut[7] que vous ressembliez à Jésus Son Fils en portant des fruits dignes de la repentance.
La régénération
Tout comme la justification et l’adoption, la régénération est aussi un acte divin. Dans son sens initial, la régénération signifie que quelque chose a été endommagé, qui ne fonctionne plus correctement voire plus du tout et que lorsque cette chose a été régénérée, elle fonctionne comme dans le plan original. Par exemple : quand un organe humain a été détruit ou détérioré par une maladie, lorsque cet organe est régénéré il fonctionne normalement. C’est un changement en bien, un renouvellement, une renaissance, une reconstitution d’une partie détruite.
La régénération est synonyme de l’expression « nouvelle naissance». Dans ce contexte, être régénéré c’est passé de la mort à la vie, c’est entré dans le repos de Dieu en entamant une relation d’amour avec Lui. C’est l’idée d’une métamorphose. Etre régénéré c’est être transformé et sanctifié. Bref, c’est être une nouvelle créature, selon 2 Corinthiens 5 au verset 17.
La régénération, appelée aussi sanctification initiale, est liée à la justification et l’adoption. Ces trois phénomènes se produisent de manière instantanée dans la vie du croyant. Car au final, les trois concepts traduisent une même et seule réalité. Je suis adopté pour vivre conformément aux valeurs de ma nouvelle famille, le royaume de Dieu. Je suis justifié pour produire des fruits dignes de ma justification. Je suis régénéré pour marcher en nouveauté de vie. Celui qui produit en vous le vouloir et le faire est à vos côtés pour vous aider.[8]
Conclusion générale
La vie chrétienne est possible parce que Dieu a fait le premier pas. C’est Lui qui nous a aimés le premier. Il a donné son unique Fils en rançon pour vous réconcilier avec Lui. Vous avez de la valeur aux yeux de Dieu. Uniquement par la foi, en confessant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur, vous êtes sauvés. Vous êtes réellement sauvés. Vous êtes libres et en sécurité.
Vous êtes réellement justifiés, adoptés et régénérés. Celui qui vous a rachetés se tient à vos côtés pour vous accompagner jusqu’à la fin du parcours.[9] Gloire à Dieu pour son don inestimable !
[1] Rom.6.23
[2] Orton H. Wiley et Paul T. Culbertson. Introduction à la théologie chrétienne, Ed. Fois et Sainteté, Kansas City, USA, 1991, p. 288
[3] Voir Rom. 5
[4] William Dyrness. Théologie de l’Ancien Testament : Une approche thématique, Ed. Ministère Multilingue International, Canada, 2001, p. 20
[5] https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F15246, consulté le 28 Mars 2020. Certaines parties du tableau ont été volontairement omises sans altération des parties reportées ici.
[6] Rom.8.15-17. A considérer pour les autres aspects développés sur l’adoption.
[7] Jésus nous demande de ne pas nous inquiéter. Nous devons Lui faire confiance et nous contenter sur le plan matériel de ce qu’Il nous donne. Voir Matt. 6.25-34 ; 1 Tim. 6.8
[8] Phil. 2.13; Eph.3.20
[9] Matt. 28.20
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