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La foi chrétienne et la science : Rencontre et harmonie

La Foi Chrétienne et la Science : Rencontre et Harmonie | Je Crois Donc Je Parle
📘 Chapitre 15 — Éducation Chrétienne

La Foi Chrétienne et la Science :
Rencontre et Harmonie

La science et la Bible sont-elles vraiment ennemies ? L’histoire et les faits racontent une tout autre histoire.

✍️ Par Windel B. Etienne  |  🌐 JeCroisDoncJeParle.org
« O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ? C’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. À lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » — Romains 11.33-36
📚

Cet article est extrait du Chapitre 15 de :

« Faiseur de Disciples ou Faiseur d’Aliénés : Petit Traité d’Éducation Chrétienne du Nouveau Disciple »
— Windel B. Etienne

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🎯 Objectifs de cet article

  • Démontrer le rapport harmonieux entre la foi chrétienne et la science à partir des faits et données historiques
  • Définir le concept de foi dans une perspective biblique
  • Développer une épistémologie biblique de la connaissance

Nous vivons dans un univers très complexe, qui fait l’objet de nombreuses études et spéculations. Selon sa vision du monde, chacun, même le citoyen lambda, essaie de l’interpréter et se fait sa propre idée.

💬 « Une fois j’étais en compagnie d’un pasteur à Kouba, un village en périphérie de Ouagadougou. Alors qu’on se parlait, soudain un gigantesque tourbillon se leva, soulevant toutes sortes de désagréments dans sa course. Je me rappelle avoir dit au pasteur : “Regarde, c’est un tourbillon.” À lui de répondre : “Chez nous, nous pensons que ce sont les démons qui sont à l’œuvre.” J’étais étonné. »

Cette anecdote illustre parfaitement la tension entre différentes façons d’interpréter le monde naturel — une tension que cet article se propose de résoudre bibliquement et rationnellement.

Les scientifiques cherchent à comprendre les phénomènes et pourquoi l’univers est si bien ordonné — une quête du pourquoi à partir du comment. Les philosophes et théologiens s’intéressent essentiellement à la question du pourquoi. Si les philosophes ont tendance à refuser de répondre aux questions posées, les théologiens chrétiens sont censés y répondre.

La cosmogonie chrétienne

Le domaine qui étudie l’origine et la nature de l’univers en tant que système bien ordonné s’appelle la cosmogonie. De manière restreinte, selon l’avis de certains théologiens, la cosmogonie chrétienne exclut l’anthropologie (l’étude de l’être humain) et l’harmatiologie (la doctrine du péché) de son champ d’étude, les considérant comme des domaines distincts.

D’après H. Orthon Wiley et Paul T. Culbertson, la conception chrétienne de la cosmogonie comprend[1] :

  1. Une croyance en un Dieu tout-puissant, selon laquelle le monde a été créé de rien, uniquement par la volonté divine ;
  2. Le concept de Dieu dans la trinité de sa nature ;
  3. Une manifestation des attributs de Dieu — l’omnipotence, la sagesse et l’amour ;
  4. La croyance en une création par la Parole divine.

La foi chrétienne et la science moderne

De manière classique, les érudits divisent l’histoire en trois grandes périodes : le monde antique, le monde médiéval et l’âge moderne. Le monde antique est considéré comme brillant, mais limité dans sa compréhension scientifique. Le monde médiéval est souvent qualifié d’âge des ténèbres et de désolation intellectuelle — beaucoup pensent que le monde, marqué par la foi, a été écrasé sous le poids occulte de l’Église, et que c’est à partir de la Renaissance qu’il a pu se libérer. Mais historiquement, est-ce que ça tient ?

🔍 Pierre Duhem (1861-1916), physicien et philosophe français, a entrepris des recherches sur l’histoire de la statique[3] en adoptant l’hypothèse largement admise selon laquelle le Moyen Âge n’aurait apporté aucune contribution à la science. Mais en creusant les sources historiques, il a découvert les travaux du scientifique Jordanus de Nemore, qui avait anticipé Léonard et Galilée dans son étude des fondements de la statique. Duhem a fini par être convaincu que l’époque médiévale a posé les bases de la floraison de la science. Ce n’était pas du tout une période de stagnation — la science moderne y tire ses racines[2].

Beaucoup doutaient des travaux de Duhem, pensant qu’ils contenaient des biais en faveur de l’Église catholique. Mais les historiens David Lindberg et R.N.D. Martin ont pu démontrer qu’il n’y a aucune preuve montrant que son travail historique était motivé par le désir de défendre le scholarcisme[4].

Les 8 convictions chrétiennes à l’origine de la science moderne

À partir de ces travaux, Nancy R. Pearcey et Charles B. Thaxton démontrent que plusieurs convictions chrétiennes sont à l’origine de l’avènement de la science moderne[5]. Ils partent de l’idée que la science est l’étude de la nature et que sa possibilité dépend de l’attitude avec laquelle on s’y approche.

  • La nature est réelle La Bible enseigne que la nature est réelle, prenant le contrepied de diverses formes de panthéisme et de religions orientales comme l’hindouisme, qui considère l’univers comme maya (une illusion). La nature est réelle et peut être étudiée.
  • La nature est bonne Dieu a qualifié sa création de bonne. Contrairement au monde antique grec qui méprisait la matière, le monde a de la valeur et le travail est honorable.
  • La nature est bonne, mais n’est pas un dieu La nature a été créée — elle n’est pas éternelle ni une émanation de l’essence propre de Dieu. L’historien hollandais des sciences R. Hooykaas plaide pour la « dé-déification » de la nature comme précondition cruciale pour faire de la science.
  • Dieu est rationnel et le monde est ordonné Le christianisme enseigne un seul Dieu transcendant dont l’œuvre est un univers unifié et cohérent. « En tant que création d’un Dieu digne de confiance, la nature a fait preuve de régularité, de fiabilité et d’ordre. » — Derr
  • L’univers est régi par des lois précises et compréhensibles L’historien R. G. Collingwood écrit : « La possibilité d’une mathématique appliquée est une expression, en termes de sciences naturelles, de la croyance chrétienne que la nature est la création d’un Dieu omnipotent. » S’il n’y avait pas de précision dans l’univers, les mathématiques ne pourraient pas voir le jour.
  • L’univers est intelligible Si l’univers n’était pas intelligible, il ne pourrait en aucun cas faire l’objet d’études. Il affiche un ordre connaissable que les hommes peuvent découvrir.
  • L’univers est contingent Le monde n’a pas sa propre rationalité inhérente, mais est intelligible car il reflète la rationalité de Dieu. Parce qu’il s’agit de la rationalité de Dieu et non de la nôtre, nous ne pouvons pas toujours anticiper comment elle se manifestera dans la création.
  • Les hommes peuvent étudier l’univers Créés à l’image d’un Dieu transcendant, l’esprit humain peut transcender la nature et l’affronter en tant que sujet d’étude.

Contributions de scientifiques chrétiens à la science moderne

Le célèbre sociologue américain Rodney Stark fournit, dans son ouvrage For the Glory of God[6], une liste de 52 scientifiques ayant contribué à des travaux importants dans la tradition scientifique moderne. Sur ces 52 :

50/52 Conventionnellement religieux ou réellement pieux
15 Figures ecclésiastiques (prêtres, moines, ministres)
65,4% Des lauréats Nobel (1901-2000) identifiaient le christianisme comme leur religion
242/300 Des scientifiques exceptionnels des 3 derniers siècles croyaient en Dieu (ONU)

Selon Rodney Stark, le christianisme occidental est bien à l’origine de la naissance et du développement de la science moderne, en tant que registre d’explication des phénomènes naturels et processus cumulatif de construction théorique et de vérification de la théorie.

Quelques grands scientifiques chrétiens

⚗️ Sir Isaac Newton 🔬 Louis Pasteur ⚡ Michael Faraday 📜 Francis Bacon 🔋 James Joule 💻 Charles Babbage — « Père de l’ordinateur »
📊 Prix Nobel sur 100 ans (1901-2000)[7][8] : Sur 654 lauréats appartenant à 28 religions différentes, les chrétiens ont remporté :
  • 78,3% des Prix Nobel de la Paix
  • 72,5% de chimie
  • 65,3% de physique
  • 62% de médecine
  • 54% d’économie
  • 49,5% de littérature

Source : Baruch Aba Shalev, 100 Years of Nobel Prizes (2003) — cité par Scott Youngren
Religion des lauréats du Prix Nobel — Graphique statistique

Religion des lauréats du Prix Nobel — Source : Wikimedia Commons[9]

💡 Il y a lieu de conclure qu’il y a toujours eu une vision biblique de la science. Puisque Dieu est l’Auteur du livre de la nature et du livre des Écritures, il revient à l’homme de science de bien faire sa science et à l’homme de théologie de bien faire sa théologie. Si chacun fait bien son travail, une harmonie parfaite entre la science et la Bible est la conclusion la plus logique.

Références bibliques d’une perception chrétienne de la science

En tant que disciples de Jésus, la Bible nous appelle à adopter plusieurs attitudes face à la création :

📖 Trois grands principes bibliques

1. L’univers est bon — Genèse 1
Après chaque acte de création, Dieu jugeait que ce qu’Il avait créé était bon. Cette conception nous permet d’apprécier tout ce que Dieu a créé et de Lui rendre toute la gloire qui Lui est due. Nous ne devons pas avoir peur de la science ni la diaboliser — c’est carrément irresponsable. Au contraire, nous devons l’étudier à partir des observations scientifiques.
2. L’univers est accessible et intelligible — Genèse 1-2 ; Romains 1.19-20
Dans Romains 1.19-20, Paul affirme clairement que tout l’univers porte l’empreinte de Dieu. En étudiant la création, nous pouvons remonter à son Concepteur. « Les cieux racontent la gloire de Dieu et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. »[10]

Adam lui-même a pratiqué la science en nommant et catégorisant les animaux — une activité hautement intellectuelle, premier acte scientifique de l’espèce humaine.
3. Les œuvres de Dieu sont ordonnées et précises — Jérémie 31.35-36
Dieu a décrété des lois pour gouverner l’univers. Leur régularité permet de l’étudier et de remonter jusqu’au Divin Législateur. Tout scientifique sérieux affirmerait que l’univers est très bien ordonné. Devant cet ordre impeccable, on s’étonne.

📝 Résumé de l’article

Nous ne servons pas un Dieu qui se cache. Il n’est ni capricieux ni irrationnel. Dans sa sagesse infinie, Il a établi des lois régissant le fonctionnement ordonné de l’univers. Il domine tout.

Créés à l’image de Dieu, nous sommes des êtres rationnels, dotés de la capacité d’étudier l’univers et de connaître le Créateur.

Loin d’être un manuel de science, la Bible nous offre des pistes pour guider notre quête de vérité. Dans ce cas, il n’existe aucune contradiction entre la science et la Bible.

Que chacun maîtrise son domaine et reconnaisse ses limites.

✏️ Exercice — Épistémologie Biblique

Trouvez des principes bibliques relatifs à la vision biblique de la connaissance à partir des textes suivants :

Épistémologie : L’origine, la nature du savoir et de la connaissance

  • Genèse 1.1
  • Proverbes 3.19-20
  • Jérémie 31.35-36
  • Hébreux 11.3
  • Psaumes 19.2-4
  • Romains 1.20

📚 Notes et Références

1 Orton WILEY H. et Paul T. CULBERTSON. Introduction à la théologie chrétienne, Éditions Foi et Sainteté, Kansas City, USA, 1991, p. 137.
2 Nancy R. Pearcey & Charles B. Thaxton. The Soul of Science : Christian Faith and Natural Philosophy, Illinois, USA, 1994, p. 6-7.
3 Partie de la mécanique qui étudie les rapports que les forces doivent avoir entre elles pour s’équilibrer. — Dictionnaires et Recueils.
4 Le terme scholarcisme vient de l’anglais scholar, qui signifie savant, quelqu’un qui est spécialiste dans un domaine. Le scholarcisme désigne le cercle des savants ou érudits.
5 Nancy R. Pearcey et Charles B. Thaxton, op. cit., p. 9-24.
6 Rodney Stark. For the Glory of God : How Monotheism Led to Reformations, Science, Witch-Hunts, and the End of Slavery. Princeton, NJ : Princeton University Press, 2003. — Voir aussi : Richard Terell. Evolution: Really? : A Christian Humanist Inquiry into a Persistent Controversy, Westbow Press, 2011, p. 22.
7 Christian Décobert, Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 136 | octobre-décembre 2006, document 136-101, mis en ligne le 15 novembre 2012, p. 146. URL : http://journals.openedition.org/assr/4053 — consulté le 18 mai 2020.
8 Scott Youngren, The Many Christians Crucial to Science, publié le 2 juin 2019. https://godevidence.com/2019/06/the-many-christians-crucial-to-science/ — Consulté le 1er décembre 2020. Traduit de l’anglais au français par l’auteur.
9 Graphique : Religion of Nobel Prize Winners. Wikimedia Commons
10 Psaumes 19.2.

Windel B. Etienne

Missionnaire | Professeur de Théologie | Formateur en Leadership

Windel B. Etienne est missionnaire, professeur de théologie et formateur en leadership chrétien. Passionné par la formation des disciples de Christ et le développement du leadership dans l’Église francophone, il est l’auteur de « Faiseur de Disciples ou Faiseur d’Aliénés : Petit Traité d’Éducation Chrétienne du Nouveau Disciple », disponible sur Amazon. Il anime le site de ressources chrétiennes JeCroisDoncJeParle.org, dédié à l’enseignement biblique, à l’apologétique et à la croissance spirituelle.

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